Apres la visite de l'ECCC, visite de son information center a
Phnom Penh.
L'information center est sense etre une porte ouverte sur
l'ECCC a Phnom Penh. La personne que nous rencontrons nous
avoue quand -meme que peu de personnes sont venues. Il faut dire
que le bureau est loin de se situer au centre de phnom penh. Il se
trouve dans une petite rue au sud de la ville. Deja pas
facile a trouver pour nous en tuktuk, il est plus que probable
qu'il l'est encore moins pour les cambodgiens...
Dans les faits, l'information center semble surtout
etre le bureau de la ''victims unit'', qui s'occupe
de traiter les demandes de plainte...
Plusieurs modeles sont possibles pour les victimes. Etre
representee individuellement, collectivement (donc en tant que
groupe de victimes) ou enfin etre membre d'une ong qui represente
les victimes.
Au niveau des avocats, ce sont quelques ong qui fournissent des
avocats pro deo. Mais les financements commencent a se tarir.
Pour temoigner, les victimes doivent d'abord remplir un
formulaire telechargeable sur internet. Ensuite, le victims unit en
fait un rapport qu'elle soumet au procureur de l'ECCC.
Ce sont les ong qui sont chargees de faire le lien avec
les villageois. Des journees d'information/sensibilisation
sont organisees tous les deux ou trois mois dans differentes
provinces. Les participants sont ensuite aides a remplir
le questionnaire s'ils le souhaitent. On compte ensuite sur elles
pour faire circuler l'information dans leurs villages
respectifs.
Notre contact nous glisse en fin d'interview qu'une de ces
ong, CSD (Center for Social development) organise justement un
forum public aujourd'hui.
Ca n'est pas tombe dans l'oreille d'un sourd! On fonce sur le
premier cafe internet pour checker l'adresse de l'ong. tucktuck
direction rue 57.
Le ''dupty executive director'' nous confirme rapidement que le
forum a bien lieu, mais dans une bourgade du nom de Kom Pong Cham,
a 150 km de Phnom Penh! Il nous dit : "si vous partez
maintenant ( il est 11h) vous y serez pour la reprise a 14h.
"
Ni une ni deux, on saute sur un motobike direction la station de
taxi pour ensuite filer a tte allure sur les routes de
campagne!
Un peu cher ( pour ici! car 30 dollards pr 150km en taxi, cest
plutot honnete!) mais ca valait le coup!
Arrives a 13h30 pour la reprise,on assiste au " Forum public
pour la reconciliation nationale"
Organise dans un hotel, le forum reunit une soixantaine de
participants, auxquels on ajoute journalistes (dont nous! ;)
, organisateurs, photographes et cameramen de l'ong,
transcripteurs, traducteurs, ...
Une jeune cambodgienne anime le debat, assistee de power points.
Elle explique les symptomes et l'impact du traumatisme, et invite
les gens a exprimer ce qu'ils ressentent. Des cambodgiens prennent
la parole, et etonnament expliquent facilement ce qu'ils ont
vecu.
Ensuite, seance de questions-reponses sur le proces de l'ECCC.
Ici encore, les gens prennent la parole. Il est question de
reparations, des conditions de detention des 5 accuses, de "ou va
l'argent?", de "et les autres coupables?"
Apres-midi donc tres interessante pour nous.
Bien entendu, nous ratons le dernier bus! Donc oblige
de trouver une variante! Partis pour reprendre un taxi, notre
tuctuc nous propose de prendre un minibus! Pas contre une petite
baisse de frais ( le taxi avait deja un peu fait
exploser notre budget du jour)
Nous optons pour le minibus. Moyen de transport generalement
prevu pour 8...
C'est sans compter l'esprit econome cambodgien : Nous finissons
a 20!! Sacre experience! Mais heureusement, il y a du vent!
Il fait plutot frais et nous sympathisons avec un vieux cambodgien
qui nous apprend quelques rudiments de khmer et nous parle un peu
du temps du regime khmer rouge.
Seule ombre au tableau, il parle tres bas et nous ne comprenons
pas grand chose... mais bon c'est bon signe! les gens parlent
facilement!
Arrives a Phnom Penh, il nous glisse discretement un papier dans
la main pour nous inciter a chercher dans un sens...
A suivre...
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